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Fiche CNPL numéro 1

Participer
Beaucoup pensent que la demande faite par l'Église aux fidèles
d'avoir une participation active à l'action liturgique remonte au deuxième
concile du Vatican. En réalité, elle a exactement soixante ans de plus
et date de 1903. Elle se trouve dans un texte de celui à qui l'on doit
l'initiative de la réforme et du mouvement liturgiques de ce 20e siècle:
le pape Saint Pie X, dans son Motu proprio "Tra le
sollicitudini" où il présente comme "source première et
indispensable du véritable esprit chrétien, la participation active
aux saints mystères et à la prière publique et solennelle de l'Église".
Vatican II reprendra cette expression dans sa Constitution sur la
sainte liturgie en y ajoutant les adjectifs "consciente et
fructueuse" au numéro 11 et "pleine" au numéro 14:
"Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce
qu'on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en
valeur de la liturgie".
Qu'est-ce que participer ?
On pourrait dire hâtivement que participer de façon active, c'est
chanter, monter dans les premiers rangs de la nef, faire la procession
des dons..., mais ce serait manquer l'essentiel ou s'occuper du fruit en
oubliant le noyau qui leur donne vie. Cet essentiel, la Présentation générale
du Missel romain (PGMR no. 62, dans "Pour célébrer la
messe", C.L.D., 1989) le précise magnifiquement dans ses
paragraphes sur l'office et la fonction du Peuple de Dieu qui est de
rendre grâce à Dieu, d'offrir la victime et de s'offrir:
No. 62: "Dans la célébration de la messe, les fidèles
constituent le peuple saint, le peuple acquis par Dieu et le sacerdoce
royal, pour rendre grâce à Dieu et pour offrir la victime sans tache;
non seulement pour l'offrir par les mains du prêtre, mais pour l'offrir
ensemble avec lui et apprendre à s'offrir eux-mêmes. Ils s'efforceront
de le manifester par un profond sens religieux, et par leur charité
envers les frères qui participent à la même célébration.
Ils constitueront un seul corps soit en écoutant la parole de Dieu,
soit en tenant leur partie dans les prières et le chant, soit surtout
par l'oblation commune du sacrifice et la participation commune à la
table du Seigneur. Cette unité se manifeste avec beauté du fait que
les fidèles observent les mêmes gestes et les mêmes attitudes."
Il est clair de la sorte que, mis à part certaines célébrations du
baptême, du mariage et des funérailles où des incroyants peuvent être
dans l'assemblée, tout fidèle, quel que soit le degré de sa
contribution visible et audible, participe à l'action liturgique. Rien
ne le dit mieux, dans la célébration, que le "nous qu'emploie le
prêtre qui préside, notamment dans la prière eucharistique:
"Faisant ici mémoire... nous t'offrons" (P.E. II).
Les divers modes de participation
Si tous les fidèles qui constituent l'assemblée participent à la
totalité de l'action liturgique globale, il va de soi qu'en ce qui
concerne les activités particulières, tout le monde ne fait pas tout.
La Constitution sur la sainte liturgie a, sur ce point, un principe
parfaitement clair et qui constitue l'une des plus sensibles différences
avec l'ordo missae précédent où le prêtre président devait
tout faire comme s'il était seul: "Dans les célébrations
liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s'acquittant de sa
fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la
nature de la chose et des normes liturgiques." (CSL no. 28).
Nous reviendrons, dans la suite de cette rubrique, sur les différents
acteurs de la célébration et sur leurs fonctions, mais, déjà, nous
apprenons que participer activement ne signifie pas tout faire,
indistinctement. Ainsi, la nature des oraisons réclame qu'elles soient
prononcées par celui qui préside l'assemblée. Y participer ne veut
donc pas dire que chaque fidèle va dire la prière avec le prêtre,
mais, au contraire, que chacun va l'écouter pour s'y unir. L'unanimité
des voix n'en sera que plus forte au Notre Père. De même,
chanter dans la liturgie ne signifie pas que tout le monde va tout
chanter tout le temps, mais réclame plus généralement l'alternance
entre un choeur ou un chantre et l'assemblée. L'unanimité de la voix
de l'assemblée n'en sera que plus expressive au refrain ou dans un
chant comme le Sanctus.
Écouter le lecteur, le président, le choeur..., c'est donc aussi
participer activement. Regarder la procession de l'Évangile ou des
dons, c'est donc aussi participer activement. Faire silence après la
communion, c'est donc participer activement autant que chanter l'hymne
d'action de grâce qui va suivre. Précisons même que ce principe vaut
aussi pour le prêtre qui préside. Il lit l'Évangile, mais il écoute
la première et deuxième lecture, comme les autres membres de l'assemblée.
Il présente le pain et le vin, mais ce n'est pas à lui de les apporter
à l'autel (cf. PGMR no. 49). L'enjeu de cette participation active est
évidemment que les célébrations soient plus vivantes, comme le
souhaitent tant de pasteurs et de fidèles. Mais, encore une fois, n'évitons
pas d'aller jusqu'à l'essentiel que nous redit le préambule de la PGMR
no. 5: "Ce peuple est saint par son origine; cependant, par sa
participation consciente, active et fructueuse au mystère
eucharistique, il progresse continuellement en sainteté."
CNPL - février 1996
Centre National de Pastorale Liturgique
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