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Fiche CNPL numéro 8

Dans le
temps
Le temps est avec l'espace l'une des dimensions de l'univers. Nous
existons dans l'espace et dans le temps, c'est une évidence. Le temps
avance inexorablement et personne n'en est le maître. Mais, le temps
se gère!
Gérer le temps liturgique
Tout va si vite aujourd'hui qu'on n'a plus le temps de rien, ou,
qu'il faut, au contraire, grâce au T.G.V., ou au
"Concorde", gagner du temps sur le temps. Or, face à cet
engrenage, les fêtes et les célébrations, aussi bien profanes que
chrétiennes, demeurent, coûte que coûte, des moments où l'on prend
son temps, où l'on traîne, où l'on flâne...
Ainsi, la célébration chrétienne sera plus nourrissante si elle
sait prendre son temps, sans lenteur ni prolongement, mais en soignant
les enchaînements, en mesurant le débit de la diction et en
respectant les instants de silence.
Gérer le temps liturgique, c'est se rendre maître, non du temps,
mais du déroulement dans le temps des différentes actions qui
composent la célébration.
Soigner les enchaînements
La messe est faite de deux grandes parties (liturgie de la Parole,
liturgie eucharistique) introduites et conclues (rite d'ouverture et
rite de conclusion). Cette structure réclame comme une sorte de pause
lorsqu'on passe d'un élément à un autre.
- Avant même les rites d'ouverture, il faut soigner la transition
de la rue à l'église, de la prière privée à la prière
commune. C'est alors que se met en place tout ce qui permettra
ensuite à la liturgie de se dérouler correctement: non seulement
l'habitation des lieux, le chant, les personnes dans leurs
diverses fonctions, mais aussi (surtout!) un esprit, une attitude,
un rythme de célébration. Pour ce faire, le chant d'ouverture
possédera une sorte de solidité musicale; le président et ceux
qui l'accompagnent feront une procession d'entrée, salueront
l'autel et gagneront leur place avec calme. Un détail
significatif: lorsque le prêtre qui préside est arrivé à son
siège, commencera-t-il le signe de croix dès la dernière note
du chant d'ouverture, ou bien, laissera-t-il deux ou trois
secondes de silence pour permettre à tous, et à lui en premier,
de se recueillir et de se mettre en présence de Dieu? En
revanche, il n'aurait aucune raison de retarder la prière pour le
pardon à la suite des invocations pénitentielles.
- Rien de particulier n'est prévu quant au passage des rites
d'ouverture à la liturgie de la Parole. On peut cependant aérer
cet enchaînement par un instant d'orgue. Mais surtout, on
laissera aux fidèles le temps de s'asseoir et au lecteur, de se déplacer
sans précipitation. On peut aussi prévoir une brève
introduction aux lectures.
- La préparation de l'autel (apport du corporal, du
purificatoire, du Missel) et la procession des dons apportés par
des fidèles (comme le recommande la Présentation générale du
Missel romain, no. 49) contribuent beaucoup au passage harmonieux
de la liturgie de la Parole à la liturgie eucharistique.
- Un court laps de temps est nécessaire entre l'Amen de la Prière
eucharistique et l'invitatoire du Notre Père. C'est à ce
moment-là que le prêtre peut appeler à l'autel ceux qui vont
l'aider à donner la communion et ceux qui vont communier sous les
deux espèces (lecteurs, animateur de chants...) si toute
l'assemblée ne le fait pas.
- N'oublions pas, d'autre part, combien la musique et les chants
jouent un rôle important dans le rythme d'une célébration. Ce
point sera traité plus tard.
Le débit
Celui qui lit dans le lectionnaire, ou le prêtre qui dit les
oraisons et la Prière eucharistique a une vue globale des phrases et
les comprend plus vite que l'auditeur. L'auditeur doit attendre la fin
des phrases; il a besoin qu'on les lui lise lentement et avec des
pauses. Il ne suffit pas que les sons soient entendus par l'oreille
pour qu'il y ait compréhension du sens. Il faut du temps pour que la
prière "prenne". Il faut du temps pour que la lecture
parle. Un tel débit, un tel étalement dans le temps ne sont pas
naturels, mais ils s'apprennent par exercices et répétition préalable.
Lire est un service, pas une formalité.
Le silence
Ce sont les instants de silence qui permettent à la célébration
de respirer et à l'assemblée de reprendre souffle et recueillement.
Pourquoi le silence est-il tellement absent de nos célébrations? Il
est prévu, et ce n'est pas facultatif, au no. 23 de la PGMR à six
endroits de la messe: dans la préparation pénitentielle après
l'invitatoire, après les invitations "Prions le Seigneur",
après une lecture et après l'homélie, pendant la prière
universelle et, enfin, après la communion. Il peut avoir pour but le
recueillement, la méditation ou la louange; il appelle toujours, la
prière intérieure.
Ces enchaînements sans précipitation, cette diction calme et ces
silences recueillis auront sans doute allongé la célébration de
deux petites minutes, mais ils auront donné la possibilité de s'intégrer
davantage à l'action liturgique en s'y investissant plus profondément
et de façon plus personnelle. N'est-ce pas ce que tous demandent?
CNPL - janvier 1997
Centre National de Pastorale Liturgique
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