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Fiche CNPL numéro 9

La
prière du président
Celui qui préside l'assemblée (évêque, prêtre, diacre) ou qui
tient la place du président (laïc délégué pour une ADAP ou des
funérailles) a, entre autres fonctions:
- celle de dire les prières adressées a Dieu au nom de tout le
peuple saint (les oraisons, la Prière eucharistique...)
- celle de prier avec l'assemblée (à tous les chants communs, au
psaume, au Notre Père)
- et celle de prier en son nom propre (dans les instants de
silence, durant la préparation des dons, avant et après la
communion...)
Occupons-nous ici de la première fonction. Comment le président
doit-il faire pour que la prière qu'il prononce soit celle de toute
l'assemblée?
On donne ici quelques indications dont on voudra bien voir qu'elles
ne sont pas un retour a un nouveau rubricisme, mais l'énoncé des
conditions d'une meilleure communication.
Les attitudes
Nul ne peut faire prier, s'il ne prie lui-même. Mais on n'attache
sans doute pas assez d'importance au fait que l'intention du cœur et
de l'esprit ne suffit pas. Le corps prie aussi et son attitude doit être
en cohérence avec les mots que l'on prononce. Il faut même dire que
l'attitude est première, dans la mesure où toute prière présidentielle
est précédée d'un geste de préparation.
- Après la préparation pénitentielle ou après le Gloire à
Dieu, une brève pause précède la prière d'ouverture. Le président,
les mains jointes et en s'adressant a l'assemblée, dit:
"Prions le Seigneur", puis il prend une attitude de
recueillement, peut-être en baissant légèrement la tête durant
le temps de silence. Enfin, avant étendu les mains, c'est alors
seulement qu'il commence a dire la prière.
- Quant a l'oraison elle-même, elle réclame un type particulier
de diction: elle est lue des yeux, mais prononcée comme si elle
n'était pas lue, car elle est une prière adressée à Dieu et
non une lecture faite à l'assemblée. Le président prie le
texte, mais d'une façon qui doit faire prier d'autres que lui.
- Il en ira de même dans toute la Prière eucharistique,
moyennant quelques changements d'intonation, d'une part entre le
lyrisme de la préface et l'imploration des intercessions, d'autre
part lorsque l'on passe de l'action de grâce et de l'invocation
(l'épiclèse) au récit de l'institution.
Se tenir debout
Voici une attitude naturelle qui semble ne pas poser de problème.
Pourtant, on ne peut pas se tenir debout n'importe comment lorsque
l'on est le président d'un peuple en prière qui doit reconnaître sa
prière dans les mots qui sont dits.
Prier devant l'assemblée, c'est:
- Etre solidement campé sur ses pieds; se tenir droit, sans
bouger; prendre appui sur la plante des pieds plutôt que sur les
talons...
- Ecarter les épaules vers l'arrière plutôt que les refermer
vers l'avant...
- Garder les bras dans une position symétrique, souple et non
tendu...
- Et les mains? Jointes, étendues, imposées sur le pain et le
vin, signant, bénissant, recevant les dons, donnant la
communion... Elles sont, elles aussi souples et non tendues, dans
le prolongement des bras, mais les doigts unis, tantôt dans la
position de la prière (oraisons, Notre Père), tantôt
dans celle de la salutation ("Le Seigneur soit avec
vous...") ou de l'invitation ("Prions le
Seigneur...").
A distance de l'autel
Etre à l'autel ne signifie pas être collé contre l'autel.
L'autel, à la fois autel du sacrifice et table du repas sacrificiel,
a toujours symbolisé le Christ, prêtre et victime, unique autel de
l'unique temple. Ce symbole réclame que l'officiant respecte une
certaine distance lorsqu'il est devant lui. Certes, il faut que le
micro capte la voix et que le missel soit lisible. Mais au lieu de se
rapprocher, il faut régler la sonorisation, placer le missel devant
soi au bord de l'autel, quitte à le placer au milieu devant, ce qui
fera par ailleurs que le pain et le vin seront alors mieux vus de
l'assemblée.
Distance et immobilité sont, en tout cas, les attitudes qu'impose
le moment saisissant où toute l'assemblée proclame dans le Sanctus
la grandeur de Dieu.
Être assis
C'est la position de celui qui préside lorsqu'il n'a pas à
accomplir d'actions particulières, durant les lectures, par exemple,
ou le silence après la communion. Il n'en profite pas pour réviser
les notes de son homélie; il ne regarde pas les fidèles comme s'il
voulait les compter; bien qu'il soit assis, il ne croise pas les
jambes comme s'il était dans un salon ou devant sa télévision; il
n'en profite pas pour donner des avis aux servants de messe... Le président
est aussi un membre de l'assemblée et, alors, il n'a rien d'autre à
faire qu'à écouter ou à prier.
Les mouvements
S'avancer, se lever, s'asseoir, écarter les mains pour saluer
l'assemblée, les étendre pour prier, aller donner la communion...
que de gestes, que de mouvements! Une seule règle (déjà dite!):
faire tout calmement, sans lenteur ni préciosité, mais avec la
gravité que réclame l'importance et la dimension de ce qui se fait.
Présence à soi, présence aux autres, présence à Dieu, tel est le
ministère du président priant.
CNPL - février 1997
Centre National de Pastorale Liturgique
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